Le texte qui suit constitue l’avant-propos d’un assez long article de l’auteur intitulé « L’étau se resserre sur la Syrie », en cours de traduction. Les compétences de M. Kedar en matière de géopolitique du Moyen-Orient et du conflit arabo-israélien, ne sont plus à prouver. La lecture de ses travaux est indispensable à celles et ceux qui veulent y voir plus clair dans les arcanes de l’un des conflits les plus complexes et les plus décisifs pour la stabilité de cette région agitée du globe.
Les autres articles sur la Syrie
De Mordekhai Kedar
Note de la rédaction – Nous faisons une entière et totale confiance sur la qualité du travail et traduction de Menahem Macina
Une source russe de haut niveau a « fuité » au pouvoir syrien une information selon laquelle l’OTAN a mis au point un programme opérationnel d’attaque de la Syrie, indépendamment de la décision [éventuelle] du Conseil de Sécurité, et ce même si la Chine et la Russie s’y opposent.
Le programme consiste à lancer une attaque aérienne intensive sur les centres de commandement et de pouvoir, et à traduire des chefs militaires syriens devant un tribunal spécial, pour enfreinte aux droits de l’homme au cours de répressions de manifestations. L’OTAN prend en compte l’élargissement [possible] du conflit à l’Iran, au Liban et à Israël, et le déclenchement d’une guerre régionale, dont la durée est estimée à environ deux mois. Les États impliqués dans la planification de cette opération sont les États-Unis, la Grande-Bretagne, l’Allemagne, l’Arabie Saoudite et d’autres États du Golfe.
Les avions de l’OTAN attaqueraient les installations de radars de Shinshar (près de Homs), Ya’Marj al-Sultan (à côté de Damas) et Burj Islam (au nord de Lattaquié), pour paralyser les rampes de lancement de missiles anti-aériens que possède la Syrie : S A 5 à longue portée, S 10, S 11 – Pancer 1, à courte portée, que la Russie a fournis à la Syrie il y a environ 2 ans. Seraient attaqués, dans une deuxième phase, des bases de l’armée de l’air syrienne à Dmer, Ya’Nasiriyya, Kfar ‘eirat et Khulkhula (en bordure du Golan), des centres de transmission appartenant à l’État-major, des bases de commandement de la garde présidentielle à Jdedat Shibani et Dumar, les centres de commandement à Yapur de la 4ème division sous le commandement de Maher El-Assad, frère du président, les centres de commandement du renseignement militaire et civil de Bramka et de Kfar Sousa, le haut-commandement des renseignements de l’armée de l’air à Bab Touma, le haut-commandement de la division 1 à Qatana, le haut-commandement de la division 3 à Qteifa, et le haut-commandement de la division 7 à Zakiya.
Ces informations qui recèlent, semble-t-il, plus qu’un zeste de vérité, ajoutent au sentiment de pression sur Damas, et leur « fuitage » est destiné à faire pression sur les dirigeants politiques syriens pour qu’ils cessent immédiatement les opérations de répression. Mais il semble que ces derniers « ne comprennent pas le signal » et qu’ils intensifient la pression sur leurs citoyens. Aussi, les choses risquent-elles de se dégrader rapidement et de tourner à la guerre civile, si bien qu’Israël doit se préparer, dès aujourd’hui, à passer à une situation peu sympathique.
Le monde doit être prêt à s’emparer des dépôts d’armes non conventionnelles des Syriens, pour qu’ils ne tombent pas aux mains d’agents comme ceux du Hezbollah et du Jihad Islamique, qui se trouvent en Syrie, et qui savent très bien que la situation s’y détériore rapidement.
Mordekhai Kedar traduit par Menahem Macina pour debriefing.




novembre 19th, 2011
Aschkel
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Beau plan de l’OTAN pour réduire la Syrie à merci.
Mais la Syrie ne restera pas inerte face à ces attaques, ni la Russie.
Il n’est pas bon de mépriser ses ennemis : les militaires de l’OTAN s’amusent bien avec leurs « plans sur la Comète »: en cas de conflit s’étendant à l’Iran, le Liban et Israël il serait étonnant qu’il ne dure que deux mois.
Il a fallu presque huit mois à l’OTAN de frappes multiples quotidiennes pour détruire la Libye, après avoir annihilé dès le début des attaques toute riposte aérienne.
N’oublions pas que la Syrie, outre la Russie, a l’appui entre autres de la Chine, de l’Afrique du Sud, de la plupart des pays d’Amérique latine, du Liban, de l’Inde (à vérifier pour ce pays).
Shalom
L’écran montre constamment « Explorer ne peut afficher cette page ». Je suis forcé de travailler à partir d’un autre site. Par, ailleurs, « l’armée du Mehdi », une tentacule de l’Iran basée en Irak a envoyé des troupes en Syrie afin de prêter main forte au régime sanguinaire de Bachar Al Assad. L’armée du Mehdi appelé aussi la milice Sadr a publié un démenti. Mais un service de sécurité irakien a produit la preuve de l’engagement de la milice par un document avec le n° 3017 et portant la mention « secret et très personnel », lequel a été adressé au chef du gouvernement Nouri Al Maliki le 13/11/2011. (Journal Asharq Al-Awsat du 21/11/2011)
Paris, Londres et Ankara préparent une « intervention limitée en Syrie ». Aide à la rébellion civile et militaire, présentation d’une résolution à l’assemblée générale de l’ONU pour éviter tout véto russe ou chinois au Conseil de sécurité, trafics d’armes aux frontières de la Syrie, contacts avec Washington via l’Otan; autant de sujets de discussion entre Paris, Londres et Ankara… Le soutien de Moscou au dictateur syrien n’est pas sans raison « stratégique ». Quelques centaines de coopérants russes sont installés à Tartous, le Port où peuvent relâcher leurs sous-marins venus faire un tour en méditerranée… Mais, si le soutien de Moscou à l’ONU est une assurance contre les résolutions du Conseil de sécurité, l’avenir de Bachar se jouera sur le terrain. Trois divisions blindées, une division d’infanterie et la Garde républicaine, soit 30.000 fidèles, membres de la communauté alaouite, lui servent de gardes du corps. Et eux aussi, ils savent ce qu’ils risquent dans cette guerre entre musulmans. ( morceaux choisis, tirés d’un article parut dans l’hebdomadaire français le « Canard enchaîné » N° 4752 du 23 novembre 2011.