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Ultimatum ou « guerre psychologique » dans le jeu d’échec nucléaire de l’Iran ?


Ultimatum ou « guerre psychologique » dans le jeu d’échec nucléaire de l’Iran ?

En matière de surinformation ou/et de désinformation (?), l’opinion publique, particulièrement, la rue israélienne, aura été sevrée, au sujet d’une attaque des installations nucléaires iraniennes.

 Que cherche t-on à faire comprendre, dans quel but, avec quel impact sur quelles cibles? S’agit-il des gouvernements qui soutiennent encore l’Iran, les Ayatollahs eux-mêmes, voire des alliés encore trop tièdes, prêts à laisser filer l’agenda, leur dignité et leur virilité avec ?

Par Marc Brzustowski

Pourquoi d’anciens membres du renseignement mêlent-ils leurs noms prestigieux à un débat escamoté ? Celui-ci ressemble, d’ailleurs, plus à une foire d’empoigne ou à un chapelet de règlements de comptes en politique intérieure qu’à une mise en garde existentielle.

Pendant qu’on occupe l’opinion à jouer à la roulette persane, quels sont les dangers patents qu’on ne résout pas ? Les enfants des écoles inventent, parfois, des occupations saugrenues, potentiellement mortelles, comme « le jeu du foulard » : on sert et on étrangle jusqu’à suffocation. A force de repousser les confrontations à demain, ne vient-il pas un moment où la saine réaction, le réflexe vital, risquent d’intervenir trop tard ?

Trop de questions noient les questions essentielles. Il en va de même, dans l’effort de saturation des consciences entrepris au sujet de l’Iran. Mais, au fait, pour signifier quoi, exactement ?

Notons que l’exhibition de nouveaux exercices de haute voltige, comme l’Armada de F16 israéliens, avec leurs homologues italiens « et d’autres pays de l’OTAN » n’ont rien d’exceptionnels ni de particulièrement nouveaux. En aucun cas, ils n’annoncent qu’on part en chasse au bunker iranien, dès le lendemain… Certains sites populistes, friands de scoop, et s’affublant même de la signature de « Ramatkal » tentent de le faire accroire. Ils sont, à n’en pas douter, dans le secret des D.ieux (du cirque).

De même, il est heureux que le missile intercontinental Jéricho 3 fonctionne correctement. Il est capable de déjouer toute salve de missiles Shahab 3 iraniens et protège, théoriquement, le territoire, selon l’expert Uzi Rubin. Mais ce n’est pas d’hier que les industries aéronautiques militaires d’Israël font des prouesses. Quant aux exercices de protection contre la guerre des missiles sur le front intérieur : c’est une lapalissade de dire qu’ils se déroulent à échéance régulière, « pour de vrai », depuis deux superbes plans de retrait du Liban-Sud et de Gaza, censés apporter le calme, à défaut de concorde. Sont-ce les résidents du nord, ou ceux du sud, qui remportent la palme de la course aux abris ? Tic et Tac.

Mais, il y a pire que les bavardages inconséquents des webzines. C’est l’affichage de la discorde politique et sécuritaire à haut niveau. Un journal koweitien al Jarida, prétend que le Premier israélien aurait ordonné au Shin Bet d’enquêter sur l’origine de « fuites » dans la presse. Les noms d’éminents chefs du renseignement israélien comme Dagan, Diskin sont mentionnés, pour de vains calculs de notoriété après leur retraite. Ce vol des pipelettes au-dessus d’un nid de coucous, digne d’une conciergerie, font encore l’objet des réprimandes de ministres en exercice, Gilad Erdan et Michaël Eitan, lors de la réunion du cabinet ministériel de ce dimanche 06 novembre…

Un autre éminent du même tonneau, Ephraïm Halevy, affirme que les « Haredim posent un bien plus grand problème « existentiel » à Israël, qu’Ahmadinedjad », la bombe, la force Al Qods, le Hezbollah, l’attentat contre l’AMIA à Buenos-Aires… On se dit, alors, qu’il y a vraiment quelque chose de pourri dans le monde du secret-défense. Avi Dichter s’y met pour fustiger les « divulgations » du Ministère de la Défense, alias Ehud Barak, comme un étalage inutile, qui met en cause la prochaine participation d’alliés comme l’Italie ou la Grèce, à de nouveaux exercices du même genre. On se demande s’il n’y a pas le feu à la baraque… (sauf notre respect pour l’homme aux pistolets à eau sur le Mavi Marmara).

Ou alors… ces discordes, tellement caricaturales, sont orchestrées, dans un superbe show du « je te tiens par la barbichette » : montrer au monde, et, en particulier, aux alliés réticents, que cela « fend le cœur », même des êtres censés les plus lucides et les mieux informés de la planète. Que cela peut même entraîner une hystérie collective à grande échelle, passant pour un excès de démocratie. Mais que… Quand il faut y aller, il faut y aller !

Même les plus estimés, les « Supermen » de l’Intelligence avec un grand I, jurent mordicus qu’il faut faire le contraire, qu’il n’y a pas menace avant 2015. Ils se désavouent, ils se montrent pittoresques et presque comiques : on connaît, déjà, les grandes lignes du prochain rapport de l’AIEA du mardi 8, sur les avancées en matière balistique, en caches souterraines et en enrichissement d’uranium, au nez et à la barbe de nos ingénieux inspecteurs… Mais, peut-être est-on, sans qu’on le sache, en train de gagner un temps précieux, sur la cacophonie qui s’en suivra, dans les instances internationales. Un autre « Monde », celui d’une célèbre rédaction parisienne, faisait écho, il y a peu, à la sophistication d’un petit frère de Stuxnet, Duqu. Celui-ci fait plus qu’attaquer les systèmes, il rapporte de l’information à ses maîtres, en bon chienchien doté de son flair infaillible…

L’autre avantage stratégique à cette vaste Comedia dell’Arte est qu’elle donne, précisément, raison au théoricien d’Israël comme « toile d’araignée », j’ai nommé Hassan Nasrallah. C’est la confirmation exacte du peu de considération qu’il a pour la société, et particulièrement, la classe politique et l’Etat-Major d’Eretz Israël. Il prétend même l’avoir défait, lors d’une précédente « D.ivine Victoire »… Est-ce une façon de l’attirer dans les filets?

Celui-ci cherche à rassurer ses troupes et à contrecarrer la « guerre des nerfs » anti-iranienne, lancée dans la presse occidentale, à Washington, Londres (The Guardian, Telegraph UK…) et Jérusalem. Des plans précis sur une invasion de la Galilée, assortie d’une « Blitz Krieg » saturant, dès le premier jour, les défenses d’Israël, Tel Aviv, coupant ses voies de circulation et ses moyens d’intervention, circulent dans la presse libanaise, proche du Hezbollah.

Le Secrétaire Général du mouvement chi’ite va jusqu’à affirmer que son organisation peut triompher sans même l’aide de la Syrie d’Assad, pour cause de débordement insurrectionnel, et sans le concours direct de l’Iran. Il annonce, d’autre part, que des arrivages frais de missiles antitanks et anti-aériens libyens lui sont livrés par des intermédiaires, proches du CNT de Tripoli et Benghazi, et des Frères Musulmans égyptiens. Ce qui revient à dire qu’on peut se passer de l’entremise de la « Boucherie Assad » en cessation de livraison… Merci qui ? Sarkozy, Cameron, Obama.

Ces « fuites » orchestrées par la milice, hormis qu’elles renseignent sur des points faibles potentiels à soigner, démontrent que le bras armé de l’Iran est prêt à « prendre les devants ». Il peut répliquer à une « fuite en avant » israélo-américaine contre la bombe messianique, ou anticiper, en prétendant se rendre maître du terrain adverse. D’autre part, elles traduisent une lassitude dans la « guerre secrète » : en juin et juillet dernier, la centrale pro-iranienne à Beyrouth reconnaissait, effarée, l’ampleur de la pénétration des services israéliens et américains, au plus haut niveau de son Etat-Major militaire et sécuritaire. Elles disent deux choses :

 - malgré ces revers cuisants, impliquant de hautes personnalités chi’ites, les services ennemis n’ont pas cassé « le code » : celui qui fait pivoter la clé des infrastructures souterraines et camouflées des sites de lancement.

 - Même si l’ennemi sait beaucoup de choses, nous pouvons le bluffer en jouant nos préparatifs carte sur la table.

Ensuite, c’est quitte ou double. Un ordre de Téhéran, une information « tronquée » sur une attaque imminente, de part ou d’autre, et c’est l’embrasement régional, promis par Assad. Donc, en matière de guerre psychologique, la meilleure défense, c’est toujours l’attaque. Les départs de feu, dans le Sud, de la part d’un Jihad islamique pro-iranien, en train de supplanter le Hamas, montrent assez que, s’il sent qu’il n’a plus rien à perdre, le Hezbollah peut en faire autant et dix fois pire.

Frapper l’Iran concerne directement les premiers concernés par le risque d’hégémonie perse : les pays arabes du Golfe et leurs clients occidentaux en pétrole. Mais, il est illusoire de croire que l’obtention de la bombe par l’Iran ne mettrait pas le « rêve sioniste » directement en péril. Le projet est bien de garantir la sécurité de tous les Juifs en difficulté, persécutés, sur la planète. Une menace permanente de pluie de missiles sur Tel Aviv, avec, à la clé, un risque nucléaire majeur, à court terme, peut entraîner dans la mort de nombreux musulmans et pulvériser la région, retournée en désert perclus de cratères-. Mais, Assad ne montre t-il pas, chaque jour, qu’il peut massacrer un peuple entier, qu’importe ?

Cette épée de Damoclès relève bien de la « menace existentielle », n’en déplaise à d’éminents mieux informés que nous. Dès ce seuil franchi par Ahmadinedjad et sa clique, ne restera que « l’option Samson » comme garantie de survie. Il s’agit, alors, d’entraîner avec soi, dans la mort atomique toute capitale qui s’y frotterait. La solution, dite de « seconde frappe » sous-marine ou par quelque autre moyen, à partir de zones limitrophes d’Asie Centrale, de la Géorgie au Kazakhstan, ne permet pas, logiquement, de sauver les zones habitables d’Israël.

C’est pourquoi aucun jeu à somme nulle ne peut être envisagé. Si les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et d’autres, jettent le gant, pour des motifs électoraux ou par frivolité, il est indubitable qu’Israël seul, sera dans l’obligation de faire ce qu’il faut, quoi qu’il en coûte. En douter équivaut à vivre, déjà, sur une autre planète.

C’est ce qui est dit aujourd’hui, à Obama, Cameron, Sarkozy : le retrait d’Irak est un fiasco, car l’Iran remplace au fur et à mesure les pions manquants par ses forces Al Qods. Il en ira de même en Afghanistan.  La « victoire » en Libye est une douche glacée et une vraie pantalonnade, car la Chari’a, le drapeau d’al Qaeda, le trafic d’armes lourdes en direction du Hezbollah et de l’Iran, les emblèmes verts et bras tendus soulèvent Tunis et le Caire… Les « sanctions » entrouvrent de nouveaux marchés parallèles, du côté de la Chine, du Qatar, de la Russie, de la Turquie, où la « prohibition », comme du temps de Capone et Elliot Ness, enrichit un peu plus les « Barons » de la clandestinité.

Oui, Messieurs les Occidentaux, vous avez fait chou blanc, en Afrique du Nord, au Moyen-Orient, Asie Centrale et partout où vous n’avez pas même la foi en vos paroles et que vos langues fourchent. Vous donnez la victoire et la prospérité à vos pires ennemis, en pavant l’enfer de vos meilleures intentions de « dialogue des civilisations ».

La folie messianique, ou le simple « jeu du foulard » chi’ite ou sunnite, ne laissent pas d’autre alternative. Le compte à rebours a déjà commencé.

Par Marc Brzustowski pour Israël-flash




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