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France : Code de bonne conduite Dhimmi : le futur capitaine à Alger


France : Code de bonne conduite Dhimmi : le futur capitaine à Alger

« Si je suis élu Président de la république,  je le jure, pour mon premier déplacement présidentiel hors de France, j’irai en Algérie. Je viendrai porter les plus humbles et plus solennelles excuses de la France… »

La presse de ce vendredi 27 janvier 2012 en était toute remuée et émue : enfin la gauche a retrouvé un chef. Enfin, elle a retrouvé un leader, aux accents directement venus de la plus pure Mitterrandie, autant qu’il est possible d’avoir ces accents là…

Personne n’aura oublié que l’ex capitaine de pédalo -devenu depuis hier soir capitaine de corvette et, espère-t-il, futur amiral, juste après son face à face avec Alain Juppé- s’était engagé il y a quelques semaines : Si je suis élu Président de la république,  je le jure, pour mon premier déplacement présidentiel hors de France, j’irai en Algérie.

Et d’expliquer : Moi Président, je viendrai porter les plus humbles et plus solennelles excuses de la France. Je viendrai vous dire, à vous Algériens d’Algérie, et aussi à vous Algériens de France*1 qui avez quitté votre pays depuis qu’il a conquis son indépendance : que j’ai traversé la mer  pour vous présenter les plus humbles excuses de mon pays.

Je viendrai vous demander votre pardon, pour les fait suivants, entièrement de la responsabilité de mon ignoble colonial de pays qui, colonialistiquement :

  • a aboli immédiatement l’esclavage en 1830, -sur tout le territoire ottoman administré qui deviendra plus tard l’Algérie-, tant celui des blancs enlevés sur les côtes de la méditerranée que l’esclavage des Noirs d’Afrique razziés au sud du Sahara.
  • Je viendrai m’excuser pour l’abolition du statut de Dhimmi, qui frappait le Juifs d’Afrique du nord depuis onze siècles
  • Je présenterai les excuses de la France, pour la honteuse décision de faire que les exilés d’Israël deviennent français (décret Crémieux), et pour la proposition, outrancièrement et odieusement colonialiste que : Berbères et Arabes d’Algérie, en renonçant à ceux de leurs dogmes islamiques contraires à la loi française pourraient, comme les Juifs, devenir Français. Je viendrai déposer nos excuses pour le fait que nos pères aient eu l’audace scandaleuse de vous présenter cette condition humiliante et colonialiste : soumettre vos lois religieuses aux lois civiles de la république française. Je m’excuserai qu’on ait pu oser leur dire : Tous, vous deviendrez alors égaux en droits et en devoirs avec ceux qui vous ont conquis. Quel scandaleux marché n’est-ce pas ? D’ailleurs nous avons bien réparé depuis. En effet, en France même, la chair de votre chair, vos fils et vos neveux, sont devenus Français, mais en s’affranchissant des obligations de la loi. Et quand une décision légale ne leur convient pas, ils ne manquent pas de nous le faire savoir, selon une pas très ancienne tradition, coûteuse certes, mais respectable. Ils brûlent ici et là quelques voitures, parfois beaucoup. Ils brûlent un bus, une école, un gymnase ; ils mettent hors service un ascenseur ; ils fracassent quelques abris bus… et immédiatement, nos sociologues les excusent à juste titre. Michel Vierworka  a appris à construire des explications sociologiques sophistiquées justifiant les destructions à répétitions. L’IGS et la magistrature tombent à bras raccourcis sur les ignobles policiers forcément racistes et toujours pas repentis des abominables crimes colonialistes…
  • La liste des crimes scandaleusement colonialistes est bien trop longue pour être décrite ici, mais donnons-en quelques-uns pour exemple et pour notre édification respective : la mortalité infantile arabe et berbère a été éradiquée. Ouh ! Ouh ! Ouh, quel abominable crime colonialiste !
  • La longévité des fellahs arabes et berbères a été prolongée, des médecins se sont installés dans tout le pays ; les marigots qui infestaient les plaines côtières ont été drainés, assainis à nouveau cultivés. L’agriculture comme celle que connaissaient les Numides (les anciens Berbères de l’époque romaine) a repris vie ; elle est redevenue florissante et jusqu’à l’indépendance le pays exportait tout en répondant aux besoins intérieurs. Ouh ! Ouh ! Ouh, quels horribles crimes affreusement colonialistes, n’est-ce pas ?!
  • Les instituteurs se sont même crus autorisés à venir apprendre à lire le français à vos enfants, Ouh ! Ouh ! Ouh, pouah ! quel colonialisme répugnant ! C’était un grossier colonialisme culturel pour lequel mon pays ne s’excusera jamais assez.
  • Vous n’étiez que quelques centaines de mille en 1830, les ottomans avaient férocement réprimé une énième révolte berbère en Kabylie et tué force hommes, femmes et enfants. Vous êtes maintenant des millions, vous laissez même partir des centaines de milliers de vos fils et filles vers l’ancien bagne colonial et vous êtes toujours excédentaires, en termes de croissance de population. C’est bien la preuve la plus flagrante que l’ignoble France coloniale vous a génocidés !!! Applaudissons Erdogan, le nouveau Mamamouchi, que moi, le capitaine de corvette espérant devenir grand amiral, je veux faire entrer dans l’Union européenne ; il a en effet dit une partie de ce que je voulais dire en venant vous voir à Alger.

Au fait, revenons à maintenant. Il se passe quoi, à Alger ou à Oran ?

A Oran il ne se passe pas grand-chose. Enfin, pas grand-chose de constructif. Malgré la rente pétrolière, Oran, ce n’est pas Doubaï. La ville se désagrège lentement mais surement. Les rues ressemblent de plus en plus à des rues de villes vivant des combats, les ruines s’accumulent.

Oran, c’était encore une scandaleuse importation colonialiste typique. La France colonialiste y avait construit une cité haussmanienne. Quelle  honte, quelle torture ? Plutôt que de vivre dans des gourbis, les fiers Algériens oranais, enfin devenus libres, devaient vivre dans des logements haussmanniens. Hou ! Hou ! Hou !

La France ne s’excusera jamais assez de cela. Comme elle ne s’excusera jamais assez d’avoir construit plusieurs ports modernes, et des usines. Elle ne s’excusera jamais assez d’avoir construit un chemin de fer et des gares, et même poussé le vice colonialiste jusqu’à avoir construit des écoles et des hôpitaux. Quel crime encore ? Ne vous inquiétez pas, je fais confiance à notre ancien énarque, pour avoir mis ses fiches à jour. Rassurons-nous, le capitaine de pédalo, devenu amiral, n’oubliera pas de demander des excuses pour chacun des crimes, sans en omettre aucun.

Stop ! Arrêtez, vous me donnez la nausée, vraiment, c’est honteux !

Enfin, ces crimes sans nom seront reconnus. Grâce à l’ex capitaine de pédalo, qui va devenir Président, -c’est toute la presse qui le dit-, nous pourrons regarder sans honte les enfants des anciens colonisés préférant vivre ici ou les ex colonisés ayant fait eux aussi le choix courageux de vivre l’enfer d’avoir à fréquenter leurs ignobles oppresseurs.

Enfin, nos plus humbles excuses seront présentées aux vertueux dirigeants, successeurs du Dey d’Alger. Ce sont de vertueux dirigeants, dont nous avons beaucoup à apprendre. Ce sont des dirigeants qui, dés qu’ils sont malades, viennent se faire soigner, ici, dans cette horrible France néocoloniale qui pue l’ambiance raciste, qui opprime toujours les malheureux « indigènes de la république ».

Ces derniers sont si abominablement ségrégués, ils sont tellement opprimés et si atrocement persécutés, qu’ils sont obligés de menacer les « céfran » de terribles futures représailles, quand ils passent à la télévision à heure de grande écoute ou lorsqu’ils doivent se réunir dans un petit cinéma municipal du « 9-3 » pour appeler à mener en France même…une révolution arabe.

Je vais me répéter, il se passe quoi, à Alger ou à Oran ?

« Il arrive qu’on me jette des cailloux »

Il y a quelques semaines,  c’était en décembre dernier, dans ce magnifique et libre pays où il n’y a pas besoin d’un « réseau d’enseignement sans frontière » (RESF), cinq femmes, venues de l’Afrique située au sud du Sahara, ont « été reconduites à la frontière ».

Ah, tiens, en Algérie, cinquante ans après le départ des ignobles colonialistes, on reconduit des africaines noires à la frontière ?

Ces cinq femmes ont été amenées à laisser leurs enfants, certains en bas âge, pour leur épargner un retour dans des conditions éprouvantes, jusqu’à Tinzaouatine où elles sont laissées sans moyen d’existence légaux.

Le journal algérien El Watan nous apprend que ces femmes y vivront le quotidien qu’y connaissent déjà d’autres centaines d’africains relégués : brimades, insultes, racket, perquisitions policières de petits logements loués le double du prix du marché algérien du logement (quand ils peuvent en trouver un, les Africains noirs). Les plus démunis vivotant et dormant à la belle étoile.

En effet, on fait cela dans l’Algérie débarrassée de ses  colonialistes infâmes. Mais on ne fait pas que cela. C’est ce que nous apprend le journal « El Watan ».

On a poussé l’humanisme –celui dont nous rêvons du côté du PCF, de NPA, d’EELV et des amis enseignants de l’ex capitaine de pédalo devenu capitaine de planche à surfer et de la charmante Najat- on a poussé l’humanisme, jusqu’à accepter, -bon vizir, ou bon calife-, que ces cinq africaines laissent leurs enfants à Oran. On apprenait ce matin (28 janvier 2012-même source algérienne), qu’une sixième maman était devant le même choix : repartir au sud du Sahara avec son enfant, ou le laisser seul à Oran.

« (…) il arrive qu’on nous jette des cailloux. Une fois, on a arrosé mon mari avec de l’eau depuis une voiture, s’indigne-t-elle. Ils riaient, ils trouvaient ça drôle ». (…) « Pour éviter les jets de pierres, il prend soin de marcher près des voitures « parce que personne ne prend le risque de casser une vitre ». Les agressions, fréquentes, se terminent souvent par un dépouillement. Habits, ceinture, baskets ou même passeport… tout y passe. Pire plusieurs subsahariens dénoncent les crachats. (…)

En cas d’agression, on ne peut même pas aller à un commissariat, sous peine de se retrouver dans un camion à bestiaux, y compris si vous êtes blessé » (…) déporté d’Alger avec un plâtre rudimentaire autour de la jambe après une agression, il était arrivé au Mali avec une gangrène ». (…) lui-même a vécu l’expérience et connaît la rudesse de la nuit saharienne et la violence des vents de sable. Mais plus que la vie à Tinzaouatine, il dénonce les conditions de transport dégradantes, dans un camion à bestiaux, hommes et femmes sont entassés pour un périple de plusieurs heures. « Mon épouse m’a raconté qu’elle devait uriner devant tout le monde ». (El Watan « la chasse aux migrants continue »)

L’aspirant Président de la république encore française, -mais jusques à quand ?- a bien raison : La France a bien mérité de devoir plier le genou et de supplier qu’on veuille bien lui pardonner.

Au passage, en allant se prosterner devant les chefferies non élues des anciennes victimes du honteux colonialisme français, notre encore capitaine de pédalo devra y prendre de la graine et importer chez nous les solutions innovantes et humaines dont El Watan fait état pour traiter la situation des migrants.

Alain Rubin

*1  Parce que la méchante France coloniale vous a obligé à fuir votre pays ; parce que votre lutte de libération nationale, en donnant l’hégémonie au FLN contre le messalisme, puis ensuite à l’ALN extérieure contre l’ALN intérieure, a depuis cinquante ans donné le pouvoir à la bureaucratie de colonels et de généraux d’opérettes et de guerre civile ; parce qu’elle a amené au pouvoir une dictature bureaucratique pillant la rente pétrolière et gazière, vous poussant à fuir la misère au soleil pour venir vivre dans une HLM sans soleil chez nous et y souffrir moralement de devoir vivre aux côtés de vos anciens colonisateurs toujours pas repentant, nous devons aussi nous excuser.

A cause de nous, les Français, ces affreuses misères : parce que si la France n’avait pas accompli le mandat du congrès d’AIX la Chapelle (1818), en s’en allant combattre la traite esclavagiste et la piraterie institutionnelle, puis débusquer l’empire ottoman, qui avait transformé Alger en une vaste île de la tortue de la Méditerranée ; si elle n’avait pas mis fin à l’esclavage des blancs razziés et des noirs razziés eux aussi, le décapiteur « soufi franc-maçon » des cent africains enfuis de sa « smalah », ne serait pas entré en « guerre sainte » contre la France prolongeant par effet sa présence par la conquête de toute l’ancienne possession ottomane.  Ah, si i la France n’était pas allée mettre en œuvre les décisions du congrès d’Aix la Chapelle ?… pour tout cela, moi, futur amiral du radeau nommé France, j’irai m’excuser.

Alain Rubin pour Israël-flash




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